CORONAVIRUS & VOYAGE : L'EQUATION IMPOSSIBLE ?

CORONAVIRUS ET VOYAGE

LES ARTICLES DU MOMENT

Tout a débuté le mercredi 5 mars 2020 quand Israël a été le premier pays à fermer ses frontières aux français. En y repensant aujourd’hui, c’est à partir de ce moment là que la situation s’est accélérée pour les voyageurs français. Petit à petit et à mesure que l’épidémie de coronavirus gagnait du terrain, les états se refermaient sur eux mêmes les uns après les autres.

En ce qui nous concerne, nous devions partir en Californie le 24 mars et même si j’y ai cru pendant longtemps, à un moment donné il a fallu se rendre à l’évidence. Le coup de grâce a été donné par Trump quelques jours plus tôt avec l’interdiction de pénétrer sur le territoire américain.

Ensuite le reste du monde a progressivement suivi la même logique dans le but de limiter la propagation du virus. Rétrospectivement la semaine du 9 mars fut une des semaines les plus éprouvantes nerveusement avec pour point d’orgue l’annonce du confinement par le président Macron le dimanche soir.

De manière soudaine, cette crise sanitaire nous a forcé à stopper complètement nos déplacements et à réfléchir sur de nombreux points. Comme par exemple la notion de frontières et même l’impact de l’industrie touristique sur le climat. Car oui les hommes sont confinés mais la nature reprend ses droits, en un temps record.

Allons nous à la fin de cette crise tirer certaines leçons ? Qu’en sera t-il de l’impact économique sur le secteur du tourisme ? Voyagerons-nous de la même manière ?

Nous sommes nombreux à nous poser beaucoup de questions sur l’avenir et les conséquences de cette crise. 

LE MONDE ENTIER SUR PAUSE POUR LIMITER LA PROPAGATION DU VIRUS

Dans le contexte actuel, l’heure n’est pas au voyage. Ni même aux projets de voyages. En effet, comment se projeter à moyen terme avec autant d’incertitudes ? j’en suis personnellement incapable. Alors même que nous avions trois escapades de prévu entre fin mars et fin mai, il est évident que nous ne partirons pas.

Arrêter nos déplacements pour stopper la propagation du virus.

En pleine pandémie, seul le confinement est à l’ordre du jour. Bien entendu, le tourisme est à l’arrêt et chose encore inconcevable il y a seulement quelques semaines, beaucoup d’aéroport sont fermés et les avions sont pour la plupart cloués au sol. A vrai dire, tout s’est enchaîné à une vitesse folle et l’enjeu mondial est la protection de la santé publique.

Ainsi après presque un mois de confinement, nous sommes toutes et tous je pense, passés par plusieurs états : la stupéfaction, la colère, la peur, la tristesse… Bref en ce moment nos émotions sont exacerbées.

Pour ma part, ce que je trouve le plus difficile à supporter, c’est le manque d’échéance. Quand pourrons nous revoyager ? Impossible à dire pour le moment. On entend beaucoup de rumeurs : pas de date de réouverture des frontières, ou bien seulement celles de certains pays européens ? 

Même si ça paraît futile en ces temps de crise, quand le voyage rythme nos vies, c’est compliqué d’accepter que tout soit à l’arrêt

NOS VOYAGES REPORTÉS FACE AU CORONAVIRUS

En discutant sur Insta, je sais que beaucoup d’entre vous avaient un ou plusieurs voyages de prévu(s) que vous avez été contraints d’annuler ou de reporter. Des voyages parfois réservés de longue date, longuement rêvés… qui ont été balayés en un clin d’oeil.

Je sais à quel point ça a pu être frustrant puisque nous aussi nous devions partir. Par chance, Air France a permis dès mi mars le report de notre voyage. Pour l’heure aucune date n’est retenue. C’est trop compliqué de se projeter. Nous avions aussi un voyage de presse prévu mi avril qui sera par chance reporté à une date ultérieure. Enfin nous avions réservé des billets de train pour Paris en mai que nous nous sommes faits remboursés. En y réfléchissant on a limité la casse en terme de pertes financières. Mais ce ne fut pas le cas pour tout le monde. 

CORONAVIRUS 1 / VOYAGE 0

QUID DE L'APRÈS CRISE ? UN RETOUR À LA NORMALE ?

En tant que professionnelle du tourisme, l’après crise m’inquiète beaucoup. Plus le temps passe, plus il m’est difficile d’imaginer un retour à la normale. Faire comme si tout cela n’était pas arriver, reprendre nos vies sans avoir pris conscience de l’ampleur du tsunami ? Aujourd’hui j’ai beaucoup de mal à l’envisager. D’ailleurs c’est encore trop tôt pour mesurer toutes les conséquences économiques de la pandémie.

Et surtout, à un autre niveau, comment détourner le regard face à l’évidence ?  Avec une grande partie de l’humanité confinée, la planète respire.

PENDANT QUE LES HOMMES SONT CONFINÉS, LA NATURE A LE BONHEUR DU VIDE.
La Provence

Alors que nous ignorons les alertes les unes après les autres : le trou dans la couche d’ozone, la fonte des glaciers, la montée des eaux, les incendies en Australie, les canicules en Europe… ce virus ne viendrait pas nous offrir une dernière chance ?  Mais alors, comment la saisir ?

ile de skye

VOYAGER AUTREMENT

Plus les jours défilent, plus j’ai du mal à me dire qu’une fois le déconfinement acté, nous reprendrons les trains, avions, bus comme si rien n’était arrivé. D’une part il faudra surmonter la crainte de la contamination (la reprise sera longue et progressive). Avec toutes les mesures barrières que nous appliquons au quotidien depuis plus d’un mois maintenant, reprendre un train ou un avion me semble psychologiquement encore bien compliqué. Tout cela prendra du temps. Peut être que ce temps nécessaire correspondra à la reprise progressive du trafic aérien, à la réouverture des frontières.

Parce que oui nous serions tous résilients, la vie reprendra son cours et nous serons amenés à revoyager. L’échéance nous ne la connaissons pas. Mais il y en aura forcément une.

Plus que la question du quand, celle que je me pose actuellement c’est plutôt celle du comment. En effet, comme beaucoup, j’ai été émue de voir les dauphins revenir dans le port de Cagliari en l’absence des ferries et des cargos, ou bien encore de voir que les eaux de Venise en l’absence de touristes et de croisiéristes étaient redevenues limpides. Et plus récemment la chaîne de l’Himalaya visible à 200 kilomètres : une première depuis 30 ans ! 

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’il est temps de revoir nos modes de consommations. Voyager moins pour voyager mieux ? Passer plus de temps dans un pays et limiter nos escapades ? (Re)découvrir les trésors touristiques proches de chez nous ? Privilégier le train à l’avion quand c’est possible ?

Et puis il y a aussi nos choix à remettre en questions. Avons nous besoin de parcourir 10 000km en avion (avec l’empreinte carbone que cela engendre) pour passer quelques jours dans un hôtel sans avoir rien vu du pays, ni même rencontrer la population locale? Je pense qu’il est nécessaire de se responsabiliser face à nos habitudes de voyages.

Un jour, la crise du covid 19 sera derrière nous. A nous d’en tirer les bonnes leçons, notamment dans la préparation de nos prochains projets de voyages.

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COMMENT J'ENVISAGE L'AVENIR ?

Ça serait mentir que de dire que je n’ai pas hâte que tout rentre dans l’ordre pour monter dans le premier avion mais en même temps aujourd’hui plus que jamais je remets pas mal de choses en questions. Je dis souvent que tout arrive pour une raison et je ne peux pas m’empêcher de penser que ce virus apporte un message. Celui de limiter notre consommation, de relocaliser, de renouer avec les valeurs de solidarité, d’humanité, d’entraide.

Revoyager bien sûr mais enchainer les destinations et exploser mon empreinte carbone, pas question. Avant la crise, c’était déjà un sujet qui m’interpellait. Et cette crise a mis clairement en évidence, que si nous reprenons notre vie d’avant, nous courrons droit à notre perte.

DE LA CRISE DU CORONAVIRUS, ON PEUT TIRER DES LEÇONS POUR LUTTER CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE.
Le Monde

REPARTIR CET ÉTÉ ?

En ce qui concerne mes projets, difficile encore d’en limiter les contours. D’après l’annonce de notre président ce soir, les hôtels et restaurants restent fermés pour le moment et les festivals sont annulés jusque’ à mi juillet. Et sans surprise, les frontières avec les pays non européens resteront elles aussi fermées jusqu’à nouvel ordre.

Dans ces conditions, pas facile de se projeter mais une chose est sûre nous en profiterons pour découvrir notre propre pays. Il y a pas mal de régions que nous ne connaissons pas et qui nous tente beaucoup comme par exemple la Bretagne ou encore le Pays Basque. 

Et à l’avenir, plutôt que de visiter frénétiquement un pays en cochant sur une to do list les sites incontournables, pourquoi pas y passer plus de temps pour vivre la destination ? Le slow tourisme est un concept qui me parle beaucoup. Et que l’on pratique déjà quand on le peux. Essayer de vivre comme les locaux aux Seychelles en choisissant des hébergements chez l’habitant, rester une semaine à Los Angeles pour « vivre » la destination et pas juste faire un tour de bus et repartir. On va poursuivre dans ce sens pour vivre de vraies belles expériences humaines.

 Alors en attendant on croise les doigts pour que ce soit possible d’envisager un voyage en France cet été, parce que rien n’est moins sûr 😉

Et vous, comment vous imaginez l’avenir ? Vous arrivez à vous projeter à repartir cet été ? Cette crise a-t-elle provoqué chez vous une prise de conscience écologique ?

Très pertinent ton article !

découvrir ensemble

Clem & Alex

@découvrirensemble

Très intéressant vraiment.

lafrenchietraveler

@lafrenchietraveler

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6 réponses

  1. Ton article est un des plus intéressants (et le moins pessimiste je dois dire) que j’ai lu sur le sujet. ça fait plaisir. J’espère en effet qu’il y aura une prise de conscience sur la façon de voyager. Pour ma part, c’est de cette façon que je voyage depuis longtemps : prendre son temps, s’imprégner d’un lieu, se fondre dans la vie locale… et c’est aussi comme ça que je conçois et que j’organise les voyages pour mes clients. Cette crise renforce les valeurs auxquelles je crois, et me motive à poursuivre dans cette direction. Merci pour ton bel article

    1. Merci beaucoup Stéphanie 🙂 Je vois bien que tes valeurs sont également celles auxquelles j’adhère <3 Je suis sûre que ce que tu proposes à tes clients s'inscrit très bien dans cet autre idéal de voyage auquel on devrait tous aspirer. J'espère que cette crise sera une prise de conscience pour le plus grand nombre 🙏 Merci d'avoir pris le temps de me mettre un petit mot par ici 🙂

  2. Merci pour cet article très bien construit 👍🏻 pour l’instant envisager de partir cet été me semble bien compliqué que ce soit en France ou à l’étranger… et dès que ce sera possible comme tu l’as dit le risque de contamination sera toujours présent donc difficile de partir en toute sérénité… cette situation a vraiment chamboulé nos vies et pour un bon moment je pense.

    1. Merci à toi pour ton petit mot 🙂 Je comprends que pour le moment ça peut être compliqué de se projeter. A priori le tourisme comme on le connaissait en reprendra pas avant 2021. Moi le fait de faire des petits projets d’escapades en France m’aide à tenir le choc mais ce ne sont que des projets, rien de sûr 😕

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